Mémoire de la ligne

La ligne n°1 Louvre—Versailles - 3/3
 Km.

Marc André Dubout

Quelques chiffres

 

La ligne n°1 Louvre—Versailles au gré des archives

Année 1894

Archives municipales de Boulogne-Billancourt
Le 28 novembre 1894, M. D. dépose sur le bureau la proposition suivante :
Le Conseil considérant la mauvaise situation faite à la Ville de Boulogne par suite du service défectueux des tramways à air comprimé, invite la Compagnie Générale des Omnibus à se mettre en mesure pour organiser un service régulier ; et dit, que dans le cas où la Compagnie Générale des Omnibus ne tiendrait pas compte de sa juste réclamation, il serait obligé d'en référer au ministre des Travaux publics afin de faire cesser cet état de choses qui cause à la Ville de Boulogne un préjudice considérable.
Cette proposition est adoptée à l'unanimité par le Conseil.

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Année 1895

Le 5 juin 1895, M. C. 1er adjoint s'exprime en ces termes.
Pour remplir la mission que vous nous avez confiée au cours de notre séance du 7 mai, nous nous sommes rendus, le 14 mai dernier, au siège de la CGO. Nous nous faisons un devoir de vous donner le compte rendu fidèle de l'entretien que nous avons eu avec M. Cuvinot, Président du conseil d'administration.
1ère question relative aux services du Louvre à Versailles et du Louvre à Saint-Cloud.
M. Cuvinot a répondu que le matin même le service par air comprimé avait commencé de Versailles au Point du jour et qu'à fin de ce mois de mai, il se ferait de Versailles au Louvre, mais de Versailles à Sèvres toutes les heures seulement en ajoutant que de ce dernier point au Louvre il y aurait départ toutes les 1/2 heures au moyen et de l'air comprimé et d'une traction par les machine Rowan (que la CGO venait d'acheter) et des machines Serpollet disposées en conséquence pour le parcours attendant l'autorisation, pour ces dernières de pénétrer dans Paris ; mêmes départs toutes les 1/2 heures de Saint-Cloud au Louvre ; bref, affirmation d'un service assuré sur les deux lignes sans traction animale qui fonctionnerait complètement au 15 juin point extrême ;
2ème question : voitures supplémentaires demandées à Boulogne et à Billancourt ; il a déclaré qu'il reconnaissait le bien fondé de cette demande et allait s'en occuper croyant que cette mesure serait favorable aux intérêts de la Cie.
Pour Boulogne que cela se pourrait établir mais en dépôt, à l'usine qui, prochainement va donner de l'espace libre par suite du déménagement des voitures transportées au dépôt du Point du jour à la place des écuries devenues inutiles ; et pour Billancourt, les jeudis et dimanches bureau de la route de Versailles, rue de la Ferme, comme elles ont déjà fonctionné il y a quelques années.
Il trouve très légitimes nos réclamations et l'état de mécontentement de la population éprouvé mais il dit qu'ayant trouvé à son arrivée à l'administration, un tel encombrement et du tâtonnement à l'égard des services à l'usine de Boulogne, il lui a fallu beaucoup de temps pour examiner et organiser un fonctionnement possible;
Il annonce, du reste, que pour parvenir à une production suffisante d'air comprimé on va installer de suite, au coin du ponts de Saint-Cloud, sur Boulogne, une machine qui donnera l'eau nécessaire aux compresseurs et évitera d'amorcer le siphon comme on le fait aujourd'hui ; que cette machine fonctionnera à l'état permanent et sera reliée, pour la direction et la mise en marche par une dynamo mis l'appareil électrique de l'usine.
Quant à la multiplication des départs il n'a pas manqué de répondre que la Cie par son traité Loubat devait seulement un service à toutes les heures mais que déjà remarqué, on avait reconnu que la Cie perdait une grand nombre de voyageurs prenant d'autres voies de communication et qu'il était amené à penser que la Cie ne serait pas rebelle à cette amélioration.
Quant à l'abri d'Auteuil, il nous a rappelé que la Cie était arrêtée par l'exigence de la Ville de Paris demandant un loyer excessif de 40 fr par mètre superficiel à s'entendre à cet égard ;
Il se rendait, après notre visite, au Conseil municipal de Paris pour causer nous a-t-il dit de différentes affaires y compris celle-là.
Après un échange de vues, le Conseil remercie ses délégués et espère que les améliorations promises seront réalisées prochainement.

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Le 28 juin 1895, Avant de faire procéder à l'examen des différentes affaires à l'ordre du jour, M. le Maire expose que, pour remédier au service défectueux des tramways et assurer promptement le régularité du service sans transbordement au Point-du-jour, il conviendrait, selon lui, d'émettre un vœu pressant invitant la Compagnie Générale des Omnibus

à faire usage temporairement de machines à vapeur et ce, jusqu'à ce que le système de traction à l'air comprimé soit définitivement installé.
Il ajoute que l'administration préfectorale à laquelle il s'est adressée pour réclamer les améliorations attendues depuis si longtemps partage sa manière de voir et est tout disposé, par dérogation au cahier des charges, à donner son autorisation pour l'établissement provisoire d'un service à vapeur.
Sur la demande qui lui en est faite par M. le Maire, M. B. rédige le projet de vœu suivant qui est adopté à l'unanimité par le Conseil.
Le Conseil,
- considérant que le service ce tramway Louvre—Saint-Cloud et Louvre—Sèvres provoque depuis longtemps de la part des habitants de Boulogne des réclamations justifiées ;
- que depuis plus d'un an en effet et par suite de la mauvaise installation du service à air comprimé, les voyageurs sont dans l'obligation à toute heure du jour ou de la nuit, de changer de voiture au Point-du-jour et d'attendre un nouveau départ ;
- que la durée du trajet se trouve en outre considérablement augmenté ;
- que malgré toutes les promesse faites par la Compagnie Générale des Omnibus, cet état de choses menace de durer un temps indéterminé, les réparations ou installations nouvelles à faire ne permettant pas d'espérer avant une année et peut-être davantage un fonctionnement régulier de la traction à air comprimé jusqu'au Louvre.
- émet le vœu que la Compagnie Générale des Omnibus soit autorisée ou, même s'il y a lieu, mise dans l'obligation d'employer dès maintenant d'autres machines que celles à air comprimé de façon à assurer le service sans transbordement pendant tout le temps que pourront durer ces travaux et prie instamment l'administration compétente de vouloir bien admettre l'urgence de cette demande et donner satisfaction à la population dans le plus bref délai possible.

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Le 14 octobre 1895, Il est décidé que la Commission nommée le 7 mai 1895 et composée de MM. se réunira très prochainement à la Mairie pour déterminer les points sur lesquels portera la demande à adresser à M. le Préfet de Police.

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Année 1896

Le 11 juillet 1896, M. B. demande que la CGO soit invitée à enlever les rails posés sur la chaussée de la route de Versailles de manière à permettre dans le plus court délai possible la réfection de cette voie qui est devenue complètement impraticable.
Il ajoute qu'il conviendrait de demander à ladite Cie à quelle date celle commencera le service à traction mécanique sur la ligne Louvre―Sèvres―Versailles.
M. G. donne lecture de la déclaration suivante :
Dans la séance du 24 juin, J'ai déposé un rapport tendant à la demande à La Cie d'établir un service de messagerie desservi par un dépôt.
Le dépôt serait situé près de la place Wallace, centre de Boulogne. Là serait également établi un bureau de poste auxiliaire dont l'urgence est incontestable. J'ajoute à ces deux demandes l'établissement d'une voiture stationnée à cet endroit, ainsi qu'à l'avenue de Versailles, station de Billancourt. À ces deux stations et surtout à celle de la place Wallace, j'ai vu un nombre considérable de personnes attendre pendant des heures et être obligées de s'en aller à pied, soit à Auteuil, soit au Point-du-jour. Les voitures venant de Saint-Cloud étant complètes. En somme, j'estime que cette situation ne peut se prolonger, qu'elle est intolérable, qu'elle porte le plus grand préjudice aux finances de la Ville. Des quantité de logements sont à louer. Boulogne ne prend pas l'extension due à sa situation si favorable, aucune commune des environs n'est aussi mal desservie. Un chemin de fer s'impose. Je pense que tous mes collègues seront pénétrés comme moi des nécessités de la situation ; qu'ils voudront bien signer à l'unanimité une commission chargée de s'adresser à qui de droit pour obtenir satisfaction et au besoin porter nos doléances au ministre des Travaux publics.
M. le Maire fait connaître que lors de la réunion de la Commission chargée de donner son avis sur les propositions de la Cie relativement aux conditions d'exploitation des lignes à tractions mécaniques, il a demandé qu'une voiture soit garée place Wallace les dimanches et jours de fête aux heures d'affluence pour être remorquée par la machine à destination de Paris et que deux nouveaux arrêts soient désignés : l'un en face le cimetière et l'autre à l'angle de la rue de Silly.
J'espère qu'il sera tenu compte de ces réclamations qui ont été consignées par le secrétaire de la Commission.
Après un échange de vues, le Conseil délégue MM. à l'effet de se rendre au siège de la Cie pour entretenir M. le Président d'administration des différentes questions qui viennent d'être agitées.

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Le 11 juillet 1896, sur la proposition de M. L. le Conseil nomme une Commission chargée de se mettre en rapport avec la Compagnie générale des Omnibus en vue d'obtenir des améliorations dans le service des tramways.

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Le 28 juillet 1896, M. L. demande la parole pour rendre compte du résultat de la démarche faire par la délégation du Conseil auprès de la Compagnie générale des Omnibus.

Il s'exprime en ces termes :

Messieurs la Commission nommée dans la séance du Conseil du 11 juillet courant dans le but de s'entendre avec la Compagnie générale des Omnibus au sujet des améliorations à apporter au service des tramways dans Boulogne a eu, samedi 25 juillet une entrevue avec le Président du Conseil d'administration de cette Compagnie. Les membres de la Commission présents à cette entrevue étaient MM., Conseillers.

Les demandes d'amélioration présentées à la Compagnie ont été les suivantes :

1. Ligne d'Auteuil au Rond-point de Boulogne :
- organiser en semaine, un voyage partant d'Auteuil à minuit (en semaine, il n'y a pas de départ entre 11h35 et 12h30) ;
- établir comme règle que tous les départ d'Auteuil à partir de 11 h. du soir correspondront à l'arrivée d'un train de Paris et que le tramway ne quittera la station qu'après l'arrivée de ce train, même lorsque ce dernier train aura un léger retard ;
- supprimer l'augmentation du prix des places aux dernières voitures, dites de théâtre ;
- assurer des places aux voyageurs du centre de Boulogne les dimanches et jours de fêtes en remplaçant la petite voiture en station à l'église par une grande voiture à deux attelages. Faire faire le service à cette voiture en semaine le matin de 7h.1/2 à 10 heures ;
- transformer la voiture (dite Marseillaise) dans laquelle les bancs sont placés perpendiculairement à la voie ; cette voiture faisant l'objet des récriminations de la part des voyageurs appelés à s'en servir ;
- organiser les voitures de manière que les voyageurs puissent descendre en même temps par la plate-forme de devant. Tous les voyageurs étant appelés à descendre de voiture en même point, en arrivant à Auteuil, contrairement à ce qui se passe sur les autres lignes, le conducteur pourrait ouvrir à l'arrivée sur le devant une porte qu'il refermerait aussitôt que tous les voyageurs seraient descendus ;
- ouvrir l'impériale des voitures d'attelage afin que le voyageurs soient garantis de la fumée et de l'eau de condensation des machines ;
- transformer toutes les voitures dans un délai plus ou moins rapproché de manière à supprimer la plate-forme de devant ; les allées et les venues dans l'intérieur pour se rendre à cette plate-forme occasionnant des courants d'air très préjudiciables, surtout en hiver à la santé des voyageurs ;
- installer un service de bagages 2 fois par jour, aux heures où le service est le moins chargé, aux bureaux du Rond-point de l'église et d'Auteuil ;
- relier le Rond-point, l'église et Auteuil par une ligne téléphonique afin que les voyageurs puissent être prévenus lorsqu'un accident sera survenu à un point quelconque du parcours et évitant ainsi d'attendre indéfiniment après une voiture qui n'arrive pas.

2. Lignes du Louvre à Saint-Cloud et Versailles.
- établir un stationnement de voitures au boulevard de Strasbourg (aujoud'hui Jean-Jaurès) au croisement de l'avenue de Versailles et de la Reine, afin d'assurer de la place aux voyageurs du centre de Boulogne ;
- organiser sur la route de la Reine un 4ème départ à l'heure : deux voitures partant de Saint-Cloud et deux du Rond-point, ces deux dernières prenant au passage la voiture en stationnement au boulevard de Strasbourg (aujoud'hui Jean-Jaurès) ;
- supprimer les arrêts à la barrière pour les trains venant de Versailles et de Saint-Cloud, afin d'éviter l'encombrement très gênant pour la circulation, qui se produit à cette endroit, ainsi que la perte de temps occasionnée par les manœuvres ;
- abaisser le plus tôt possible les prix des places sur ces lignes et le ramener à 0f;10 pour toute la traversée de Boulogne.

3. Ligne des Moulineaux.
- installer sur cette ligne la traction mécanique plus particulièrement électrique ;
- organiser 4 départs à l'heure et établir le tableau de service de manière que les voitures arrivent à l'église quelques minutes avant le départ de ce bureau de la voiture qui y est en stationnement.

D'une façon générale M. le Président de Conseil d'administration de la Compagnie générale des Omnibus a répondu à la Commission qu'il était disposé à donner satisfaction aux demandes qui lui étaient faites dans la mesure du possible. Ces demandes vont être examinées et il sera donné réponse à la Municipalité des solutions adaptées pour chacune d'elle, au fur et à mesure que des décisions seront prises.
En particulier au sujet de l'augmentation du service sur la ligne Louvre—Saint-Cloud, la Compagnie a pu dès maintenant annoncer que satisfaction serait donnée à la demande du Conseil à partir du 1er septembre prochain.
Au sujet de la voiture en stationnement demandé avenue de Versailles, un devis du travail exécuté a déjà été fait, le montant s'élève à 16 000 francs.
M. le Président fait part que la Compagnie est disposée à prendre à sa charge les frais de voitures nouvelles à construire, mais elle demande que ceux d'installation de la voie soient à la charge de la Commune. Sur une demande de la commission, le Président du Conseil d'administration consent à faire examiner la question à nouveau et à communiquer à la Ville de Boulogne le prix minimum auquel elle serait arrêtée pour ce travail.
La Commission a également demandé au Président du Conseil d'administration si la Compagnie serait disposée à établir une nouvelle ligne partant de la place Wallace pour Auteuil en passant par les rues du Château ou Escudier et devant plus tard passer par la porte Molitor et le pont Mirabeau, dévier la ligne des Moulineaux dans cette direction. M. le Président du Conseil d'administration a répondu qu'il ne voyait pas la possibilité de donner pour le moment satisfaction à cette demande, ni d'ailleurs l'intérêt que pourrait y trouver la Compagnie surtout étant donné qu'une concession venait d'être accordée à une autre Compagnie pour plusieurs lignes nouvelles dont une avait précisément la même direction..
À ce sujet M. le Président du Conseil d'administration a fait part à la Commission de nouveaux projets qui doivent être mis incessamment à exécution et qui intéressent les habitants de Boulogne.

1. Substitution de la traction mécanique à la traction animale sur la ligne Madeleine—Auteuil qui sera transformée en tramway. Sur cette ligne il serait organisé d'abord 6 départs à l'heure et pour 2 de ces voyages, les voitures au lieu de s'arrêter à Auteuil continueront jusqu'au Rond-point de Boulogne.

2. Substitution de la traction mécanique à la traction animale sur la ligne Saint-Sulpice—Auteuil.
Enfin, le Président du Conseil d'administration a appelé l'attention de la Commission sur le procès engagé entre la Ville et la Compagnie relativement aux droits d'octroi à payer par celle-ci pour les charbons consommés dans son usine de Boulogne. Il a fait part de son intention de donner une extension considérable à cette usine si la Ville consentait à accorder à la Compagnie l'entrepôt pour les charbons mais dans ce cas seulement. Il affirme d'ailleurs être convaincu des droits de la Compagnie à cet égard.

 

Année 1897

Archives municipales de Boulogne-Billancourt
Le 3 mars 1897, Il est donné lecture d'une pétition revêtue d'un grand nombre de signatures et tendant à obtenir un arrêt du tramway Louvre—Versailles au droit des rues Henri-Martin et des Peupliers.
Le Conseil municipal :
- considérant que la distance entre le bureau du Point-du-jour et l'arrêt de la rue Thiers est de 800 mètres au moins ;
- que les habitants qui demeurent entre ces deux points sont obligés, au retour de Paris, de descendre du train au Point-du-jour et de parcourir à pied un trajet long et peu sûr le soir pour les voyageurs isolés et surtout pour les femmes seules ;
- est d'avis que la pétition ci-dessus relatée soit prise en sérieuse considération.

 

Année 1091

Archives municipales de Saint-Cloud
Le 1er mai 1909, Tramways Du Louvre à Saint-Cloud, modification du terminus de Saint-Cloud.
Arrêté du Préfet de seine-et-Oise. Enquête d'utilité publique est ouverte sur l'avant projet de modification du terminus de la ligne Louvre—Saint-Cloud.

 

 

Notes :

Sources :

  • Les tramways parisiens 2è Édition - Jean Robert - 1959.
  • Archives municipales de Boulogne-Billancourt
  • Mairie de 

Sites :

  •  

 

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