Mémoire de la ligne

La ligne n°1 Louvre—Versailles - 2/3
 Km.

Marc André Dubout

Quelques chiffres

 

La ligne n°1 Louvre—Versailles au gré des archives

 

Année 1877

Archives de Boulogne-Billancourt
Le 9 juillet 1877, extrait du registre des délibérations du Conseil municipal de la Ville de Versailles. Séance du 7 juillet 1877.
L'a 1877, le lundi neuf juillet à 8 heures du soir, le Conseil municipal s'est réuni à l'Hôtel de ville sur la convocation et la sous le Présidence de M. B. maire.
Le procès verbal de la séance précédente est adoptée après lecture.
L'appel nominal constate la présence, etc.
M. B. est nommé secrétaire absents excusés MM....
Transformation des tramways de Paris à Sèvres et Versailles.

Le Conseil :

- Vu un mémoire présenté à l'appui de la demande an modification de la forme de la largeur et de l'emplacement des voies de la ligne de tramways de Sèvres à Versailles, formées par les concessionnaires de cette ligne ;
- Vu le rapport de M. le Maire de Versailles en date du 9 juillet 1877 ;
- Vu la loi du 18 juillet 1837 ;
- Considérant que la ligne de tramways de Paris à Sèvres et Versailles est destinée à desservir des populations et des intérêts qui sont trop éloignés des stations, des chemins de fer de l'Ouest (rive droite et rive gauche) pour que celles-ci puissent donner satisfaction entière.
- Considérant que l'organisation du service de tramways entre Paris et Versailles ne répond en ce moment que très imparfaitement au but de la création de cette ligne et que l'état actuel de la voie et son emplacement sur le milieu de la chaussée sont un obstacle à toute amélioration sérieuse ;
- Adoptant en surplus les motifs développés dans le mémoire sus-visé.

Émet le vœu et demande à M. le Ministre des Travaux publics que le concessionnaire du tramway de Sèvres à Versailles soit invité :

1. à mettre en bon état de solidité des voies ferrés comprises entre Versailles et Sèvres ;
2. à ramener l'écartement de la voie à 1m,44 conformément à l'écartement adopté d'une manière générale par l'administration supérieure et particulièrement pour le tramway de Paris et de Versailles ;
3. de multiplier les départs entre Paris et Versailles, au moins trois par heure, avec un service d'express intercalé pour le transport des voyageurs en partance directe pour Paris ou pour Versailles ;
4. de la durée du trajet entre Versailles et Paris par une vitesse plus grande des voitures ;
5. d'organiser un service spécial pour le transport des messageries entre Paris et Versailles ;
6. à établir et assurer aux voyageurs la correspondance avec les omnibus dans Paris et les tramways dans Versailles ;
7. à réduire le prix du transport entre Versailles et Paris ;
8. enfin à augmenter le confortable des voitures en adoptant les types existant actuellement à Versailles pour l'hiver et pour l'été.

Le Conseil demande en outre que les modifications dont il est question ci-dessus soient réalisées avant l'ouverture de l'Exposition universelle de 1878.
Pour extrait, Le Maire de Versailles Signé B.

 

Année 1878

Archives de Boulogne-Billancourt
Du 14 août 1878, lire les vignettes.

 

Année 1882

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Le 3 juillet 1882, le Maire de Boulogne écrit au Préfet de la Seine.
Par un arrêté du 27 juillet 1864 émanant de votre administration, la Compagnie générale des Omnibus concessionnaire des tramways du Louvre à Sèvres et à Boulogne a été autorisée a considérer les foires de Grandes Eaux à Saint-Cloud comme foire de fête et à percevoir les prix spéciaux des dimanches et jours de fêtes légales.
Je ne pense pas que les foires de Grandes Eaux soient reconnues comme fêtes légales, et j'ai tout lieu d'espérer qu'en vous signalant cette irrégularité vous la ferez cesser et que vous modifierez l'arrêté de votre prédécesseur.

 

Année 1885

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Le 13 mai 1885, Le Conseiller d'État écrit au Maire de Boulogne.
Vous avez appelé mon attention sur une délibération, en date du 8 février 1885, par laquelle le Conseil municipal de Boulogne proteste contre un arrêté de M. le Préfet de Police du 16 janvier 1884, portant approbation d'un nouvel horaire des tramways et demande le rétablissement et la stricte observation de l'ancien horaire homologué le 6 juin 1882.
Le Conseil municipal allègue que l'application de l'horaire approuvé le 16 janvier 1884 est préjudiciable au public en le privant d'un nombre considérable de places dont il disposait précédemment.
D'après les renseignements qui me sont transmis, la Compagnie générale des Omnibus a, il est vrai, réduit le nombre des départs sur les lignes de tramways desservant plus spécialement Boulogne. Cette diminution est la conséquence de la mise en service de voitures de grand modèle. Mais la mesure loin de nuire à la population lui profite, car celle-ci a désormais à sa disposition un plus grand nombre de places.
D'un autre côté, la Compagnie fait circuler le dimanche une voiture supplémentaire. Enfin, les départs sur la ligne R devaient être fixés en vertu de l'horaire primitif, non à 7 heures du matin et 10 heures du soir, comme le croit à tort le Conseil municipal mais seulement à 7h05 du matin pour le premier départ et à 8h45 du soir pour le dernier.
Dans ces circonstances, M. le Maire, l'arrêté de M. le Préfet de Police du 16 janvier 1884 me paraît devoir être maintenu. Je vous prie d'en informer le Conseil municipal de Boulogne.
Recevez...

 

Année 1889

Archives de Boulogne-Billancourt
Le 26 mars 1889, le Président du Conseil d'administration des Tramways de Paris et du Département de la Seine écrit au Maire de Boulogne.
Nous avons l'honneur de vous remettre la copie d'une lettre que nous avons adressée à M. le Ministre des Travaux publics à la date du 23 courant à l'effet d'obtenir la concession de l'exploitation de la ligne de tramways Paris-Louvre à Sèvres et Saint-Cloud laquelle fait l'objet d'un vœu du Conseil d'arrondissement de Saint-Denis, renvoyé par le Conseil général dans sa séance du 28 décembre dernier à la Commission mixte des Omnibus et Tramways.
Notre Compagnie étant disposée au cas où la concession lui serait accordée à appliquer sur cette ligne la traction mécanique, et à exécuter les modifications et améliorations réclamées par la population que vous administrez, nous espérons M. le Maire que vous voudrez bien appeler l'attention bienveillante du Conseil municipal de votre Commune sur notre demande et nous prêtez votre appui auprès des Pouvoirs publics.
Agréez...

Archives de Boulogne-Billancourt
Le 5 août 1889, le Sénateur, Préfet de la Seine écrit au Maire de Boulogne qui a bien voulu l'entretenir de la question de la diminutions du prix des places sur les lignes du Louvre à Saint-Cloud et du Louvre à Sèvres et Versailles.
D'après le rapport qui lui a été adressé à ce sujet, la Concession Loubat exploitée actuellement par la Compagnie générale des Omnibus ne comprend que deux services, celui du Louvre à Saint-Cloud et celui du Louvre à Sèvres.
Quant à la Compagnie de Versailles, elle n'est titulaire que d'une concession entre Sèvres et Versailles mais par suite d'un traité passé avec à la Compagnie générale des Omnibus, elle a obtenu la faculté de faire arriver ses voitures dans Paris jusqu'au Louvre.
Ces trois exploitations jouissent d'un tarif spécial. L'établissement du tarif des deux lignes de la Compagnie générale des Omnibus est régulier et en correspondance avec les décrets de concession.
En effet le décret du 6 février 1864 portant concession au Sieur Loubat de l'exploitation de la voie ferrée de Sèvres et de Boulogne à Vincennes stipulait que les prix de transport seraient perçus d'après les tarifs suivants :
Places de 1ère classe ou coupé (aujourd'hui supprimées) 0f,10 par kilomètre
2ème classe ou intérieure 0f,08 par kilomètre,
3ème classe ou impériale 0f,06 par kilomètre.
L'application rigoureuse de ce tarif kilométrique aurait porté le prix des places, savoir :
- de Boulogne à la Concorde : 3ème classe 0f,60, 2ème classe 0f,80
- de Boulogne au Louvre : 3ème classe 0f,65, 2ème classe 0f,85.
Mais il n'en a pas été ainsi, et après plusieurs modifications successives, un arrêté de M. le Préfet de Police du 24 août 1875 a fixé un taux uniforme de 0f,55 tant pour l'intérieur que pour l'impériale, le prix du transport en semaine.
Cette tarification étant inférieure au prix réglementaire de la classe la moins élevée ne saurait donner lieu à aucune critique sérieuse.
En outre, la faculté de surélever les prix les dimanches et jours de fête est formellement accordée à la Compagnie concessionnaire par l'Art. 1er du décret du 5 février 1864 et le taux de 0f,75 admis par l'arrêté de M. le Préfet de Police du 24 août 1875 est d'ailleurs inférieur à celui de 0f,85 que la Compagnie serait à la rigueur en droit de percevoir.
L'application du tarif présente certaines anomalies qui ne sont que la conséquence du traité passée entre les deux compagnies, ce traité ayant stipulé que les prix perçus pour les transports sur les deux lignes ne pourraient être abaissés.
En 1877, les deux compagnies avaient soumis à M. le Ministre des Travaux publics une nouvelle combinaison ayant pour objet de scinder l'exploitation du Louvre à Versailles en deux parties distinctes, l'une du Louvre au Point-du-jour, réservées à la Compagnie générale des Omnibus, l'autre du Point-du-jour à Versailles réservée à la Compagnie de Versailles avec transbordement des voyageurs à la limite commune des deux sections.
Si cette combinaison avait été approuvée, la Compagnie générale des Omnibus aurait appliqué à la ligne du Point-du-jour, comme à celle de Saint-Cloud, dans l'intérieur de Paris, le tarif ordinaire de 0f,30 et 0f,15c.
La solution de la question ne dépend plus de mon administration, M. le Ministre des Travaux publics ayant annoncé par dépêche en date du 23 mai 1878, qu'il transmettait au Conseil d'État un projet de décret ayant pour objet :
- 1.d'approuver le traité passé le 28 août 1877 entre la Compagnie des Tramways de Sèvres à Versailles et la Compagnie générale des Omnibus, en vue de changer le mode d'exploitation des voies ferrées du Louvre à Sèvres et de Sèvres à Versailles ;
- 2. de fixer les prix à percevoir pour le transport des voyageurs entre le Louvre et Sèvres.
Ce qui paraît avoir retardé jusqu'ici cette affaire, c'est la mauvaise situation de la Compagnie de Versailles (Francq), qui vient du reste, d'être déclarée en faillite.
Veuillez...
Signé le Sénateur, Préfet de la Seine

 

Année 1891

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Le 25 novembre 1891, Le Président donne lecture au Conseil des dires exposés au cours de l'enquête ouverte sur le projet de substitution de la traction mécanique à la traction animale sur les lignes de tramways des routes de Versailles et de la Reine.
Plusieurs protestations se sont produites au sujet notamment du report des voies sur les accotements.
Le Conseil estime qu'il y a lieu de passer outre et demande que le projet présenté par la CGO soit exécuté dans le plus court délai possible.
M. L. dépose l'ordre du jour ci-après reproduit :
Le Conseil considérant les avantages considérables consentis à la GO par l'installation de la voie sur les accotements demande que le prix de traversée dans les deux voies de Boulogne soit de 0f,10.
Dans le cas où la Cie n'accepterait point cet abaissement de tarif, l'installation de la voie serait maintenue sur le milieu de la chaussée.
Cet ordre du jour mis aux voix est repoussé par la majorité, ont voté pour MM...
Toutefois des avantages que la CGO retirera certainement du report des voies sur les accotements, le Conseil émet le vœu que le prix des places dans la traversée de Boulogne et sur les deux lignes soit fixé uniformément à 0f,10.

 

Année 1892

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Le 10 juin 1892, Le Conseil nomme une délégation composée de MM... chargée de conférer avec M. le Ministre des travaux publics sur les causes de retard apporté à la substitution de la traction mécanique à la traction animale sur les lignes de tramways Louvre—Saint-Cloud et Louvre—Versailles.

Archives municipales de Boulogne-Billancourt
Le 21 novembre 1892, il est donné lecture d'une lettre en date du 26 octobre 1892 adressée à M.P.,  Sénateur de la Seine par M. le Ministre des travaux publics, indiquant l'état actuel de l'instruction en vu de la substitution de la traction mécanique à la traction par chevaux sur les lignes de tramways Louvre à Saint-Cloud, Louvre à Sèvres et de Sèvre à Versailles.
Cette lecture terminée, M. C. au nom de la délégation du Conseil, chargée de faire une démarche auprès du Conseil général, relativement au mauvais état et à l'insuffisance d'arrosage des routes départementale et nationale rend compte en ces termes du résultat de son entrevue avec les membres de la 2ème Commission départementale :
À la première question, celle relative à l'arrosage plus complet des routes de Versailles et de la Reine, il nous a été répondu qu'il n'était fait d'exception pour aucune commune de France ; le Conseil général ne pouvait intervenir pour obliger davantage les Ponts-&-Chaussées et qu'il ne nous restait qu'un moyen, celui de faire l'arrosage par la commune en en supportant tous les frais. Quant à l'entretien des chaussées desdites routes, M. l'Ingénieur en chef des Ponts-&-Chaussées nous a expliqué qu'en effet on atermoyait les travaux de réparation en prévision de la réfection indispensable de ces chaussées à la suite du déplacement des rails actuels sur les bas côtés de la route pour les nouveaux tramways à traction mécanique et qu'à l'égard de ce tramway il était en mesure de réponde que la CGO informée du projet de décret proposé par le Conseil d'État, avait d'abord refusé les deux conditions imposées : observation des prescriptions de la loi de 1881 réglementant le service de tramways à traction mécanique et la réserve faite par l'administration de substituer provisoirement les chevaux à la traction mécanique. Mais qu'il venait d'apprendre la veille, que ladite Cie ayant de nouveau réuni son conseil avait définitivement adopté le projet de décret et qu'elle s'organisait pour mener activement les travaux nécessaires en vue d'un fonctionnement prochain du service.
M. D., l'un des délégués du Conseil départemental s'est presque engagé à faire compléter le pavage de la Grande rue.

 

Année 1893

Archives municipales de Boulogne-Billancourt
Le 24 février 1893, M. le Maire fait donner lecture de la lettre ci-après reproduite qu'il a reçue de la CGO.
Paris le 10 février 1893 - Monsieur le Maire, vous avez demandé à la la Compagnie des renseignements sur plusieurs affaires qui vous intéressent :
1. un abri de la station - La construction de cet abri est décidée en principe. Nous attendons le résultat des négociations engagées avec la Ville au sujet du droit de stationnement ;
2. époque de l'exploitation des lignes de Versailles—Louvre à la traction mécanique - C'est seulement le 12 décembre 1892 que nous avons pu obtenir le décret d'autorisation sollicité depuis près d'un an. Nos travaux se poursuivent rapidement. Il est probable que nous pourrons livrer une partie de la ligne au public dans le courant de l'année 1893.
3. Terminus du tramway à vapeur - La question est soumise à MM. les ingénieurs du Contrôle et nous croyons savoir qu'elle sera résolue dans quelques jours ;
4. déplacement des relais du boulevard de Strasbourg (aujoud'hui Jean-Jaurès) - Anciennement les relais s'effectuaient devant le dépôt et c'est après plusieurs réclamations de voyageurs de la ligne que nous les avons transférés au boulevard de Strasbourg. Ces voyageurs se plaignaient de perdre leur temps en arrêts constants et de fait en quittant les voitures au boulevard de Strasbourg, ils pouvaient encore arriver avant elles au Rond-point de Boulogne, obligées qu'elles étaient de s'arrêter au dépôt pour relayer.
C'est à la fois pour empêcher les voyageurs de nous quitter et éviter les réclamations de ceux qui nous restaient fidèles que nous avons décidé le service de la cavalerie à effectuer les relais de la ligne TA pendant le contrôle des voitures au bureau du boulevard de Strasbourg).
Veuillez...
Après avoir entendu la lecture de la lettre qui précède, le Conseil délègue MM... à l'effet d'entretenir l'Ingénieur en chef des Ponts-&-Chaussées de l'état déplorable dans lequel se trouvent les routes nationale et départementale et le prier en même temps d'agir près de la CGO pour hâter l'établissement de ses nouvelles voies sur les accotements desdites routes. Le Conseil prie M. le Maire de prendre les mesures nécessaires pour arriver à la suppression des relais, du mois au stationnement des chevaux établi à l'intersection du boulevard de Strasbourg et de l'avenue de la Reine et qui présentent des inconvénients.

Archives municipales de Boulogne-Billancourt
Le 6 octobre 1893, M. D. expose que par suite de l'établissement des nouvelles voies de tramways de la route de Versailles, les bordures en granit vont former rond point à l'intersection de cette route et du boulevard de Strasbourg (aujoud'hui Jean-Jaurès) et que cet endroit où 6 voies viennent aboutir deviendra certainement un centre important de voyageurs.
La 2ème Commission a pensé qu'il serait nécessaire d'établir en milieu de ce rond point un refuge de 3m,70 de diamètre avec candélabre pourvue d'une bec Beuget pour éclairer convenablement cette partie importante de la commune.
La dépense évaluée par l'architecte-voyer à la somme de 1 200 francs pourrait être prélevée sur le crédit d'entretien des voies publiques.
La proposition faite par M. D. au nom de la 2ème Commission est mise aux voix et adoptée.

 

 

Notes :

Sources :

  • Les tramways parisiens 2è Édition - Jean Robert - 1959.
  • Archives municipales de Boulogne-Billancourt
  • Mairie de 

Sites :

  •  

 

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