Mémoire de la ligne
Saint-Cloud (Place-d'Armes―Porte jaune)
Marc André Dubout
La ligne de tramway Saint-Cloud (Place d'Armes―Porte-jaune) au gré des archives

Le tracé de la ligne Place d'Armes―Porte jaune projeté par M. Lesourd.
La ligne part de la place d'Armes face au pont de Saint-Cloud, gravit la rue
Dailly en forte déclivité, passe devant la gare de Montretout, rejoint la rue
Gounod qu'elle suit jusqu'à l'intersection avec le boulevard de la République
qu'elle croise. Elle continue ensuite rue Pasteur en direction de Garches le
long du lieu dit de Montretout jusqu'à la Porte-jaune limite entre Saint-Cloud
et Garches.
Cette liaison entre la partie basse et la partie haute de la Ville paraît être
une évidence reconnue de tous.
C'est l'époque où la traction mécanique se substitue à la traction chevaline
source d'hésitation au niveau du choix : d'un côté la modernité avec ses
inconvénients (bruit, vapeur, etc.) mais sécurité et sens de l'histoire, puis in
fine la traction mécanique (vapeur puis alimentation électrique) a remplacé
définitivement les tramways hippomobiles. Et d'ailleurs pour ce projet de ligne
pourquoi ne pas passer directement à la traction électrique bien vite demandée
par le Conseil municipal de Saint-Cloud.
Mais tout commence en 1894 et à la veille de la Grande Guerre, vingt ans plus
tard rien n'est encore commencé.
Année 1894
Archives municipales de Saint-Cloud
Le 29 avril 1894, La Commission des travaux a renvoyé à la commission
d'éclairage la proposition faite par la Sieur Thelly d'établir un tramway électrique
de la place d'Armes à Montretout.
Année 1895
Archives municipales de Saint-Cloud
Le 3 mars 1895, Le promoteur du tramway mécanique de la place d'Armes à la
Porte-jaune M. Lesourd, paraît hésiter sur l'emploi de la traction mécanique
dans la partie du tracé comprenant la rue Dailly ; il semble revenir à l'idée
d'un funiculaire aboutissant à la gare et se reliant à un tramway qui suivrait
la rue Gounod.
Sur sa demande, M. le Maire convoquera incessamment la Commission spéciale pour
la mettre en rapport avec M. Lesourd.
Sur la proposition d'un de ses membres, le Conseil décide que cette réunion aura
lieu dans la soirée, de façon que tous les membres de la Commission puissent y
assister.
Archives municipales de Saint-Cloud
Le 21 juillet 1895, Le rapporteur de la Commission spéciale chargée de l'examen
du projet de tramway allant de la place d'Armes à la Porte Jaune, expose que la
Commission a pris connaissance de l'avant-projet qui lui a été soumis avec
plans, profits et mémoire explicatif ; la minorité des membres de la Commission
s'est montrée franchement hostile à la traction à vapeur y voyant pour les
riverains et pour les véhicules circulant sur la voie publique des inconvénients
inévitables, elle donne sans hésitation la préférence à la traction par chevaux
; elle reconnait d'ailleurs l'utilité d'un mode de transport régulier entre les
deux points désignés. La majorité de la Commission ne pense pas qu'il y ait
véritablement danger avec la traction à vapeur, surtout avec la chaudière
Serpollet choisie par les auteurs du projet, laquelle est incontestablement
inexplosible ; il reste seulement à redouter d'une part le bruit et de l'autre
les gaz de la combustion ; ils reconnaissent d'ailleurs que ces mêmes
inconvénients se retrouveront dans toutes les voitures locomobiles à vapeur
qu'on doit s'attendre à voir circuler à bref délai sur toutes les voies
publiques sans qu'on puisse s'y opposer.
En conséquence, la majorité de la Commission propose au Conseil de donner un
avis favorable à la demande.
Archives municipales de Saint-Cloud
Le 8 août 1895, Monsieur le Maire donne lecture d'une lettre en date du 2 août
courant dans laquelle M. L. tenant compte des observations faites par le Conseil
municipal demandant que la traction électrique soit appliquée à la marche du
tramway projeté et s'être mis en rapport avec M. P. pour obtenir la force
motrice et il fera connaître prochainement le résultat de sa nouvelle étude.
Archives municipales de Saint-Cloud
Le 13 octobre 1895, La Commission spéciale chargée par le Conseil de l'étude de
cette question s'est réunie de nouveau pour prendre connaissance des dernières
lettres de M. L. et examiner à nouveau le dossier remis à l'administration
municipale ; elle a reconnu que certains points n'étaient pas suffisamment
éclairés et a prié son rapporteur M. P., de se mettre en communication avec M.
L. pour combler les lacunes et obtenir les modifications nécessaires
M. P. donne lecture de son rapport dans lequel il signale successivement les
points sur lesquels ont porté son examen et sa discussion avec le promoteur du
projet ; il a reconnu en premier lieu que la loi régissant la matière n'exigeait
pas que la commune prit l'initiative de la demande en concession, ce qui eût
laisser à sa charge une part de responsabilité ; il établit comment et à qui
doit être adressée la demande en concession, la dépense qu'entraînera pour la
société l'établissement de la voie proposée et son exploitation ; quelle sera la
nature de celle-ci, les tarifs projetés et les changements qu'il croit
nécessaire d'y porter ; il examine successivement quelle devra être la longueur
des trains et celui des arrêts, le nombre des départs et celui des arrêts ;
l'emplacement des croisements et des points terminus ; la nature des freins et
en faisant remarquer que ce point spécial sera l'objet de prescriptions
spéciales de la part de l'autorité supérieure.
Quant au système de traction, il rappelle que le Conseil, dans sa précédente
séance a indiqué sa préférence pour le traction électrique, sans cependant
exclure absolument le moteur Serpollet ; il estime que le choix du moteur doit
être laissé aux exploitants, chacun des systèmes proposés ayant des avantages et
des inconvénients.
Le rapporteur indique également la dimension des voitures; il signale enfin la
nécessité d'exiger que la voie établie puis être empruntée au besoin par toute
autre société qui viendrait à créer un moyen de communication, emploie les mêmes
voies publiques sur tout ou partie du parcours sans autre indemnité pour le
premier concessionnaire que la part équitablement déterminée des frais
d'entretien et de renouvellement de la voie ferrée.
Enfin par l'organe de son rapporteur, la Commission propose au Conseil :
- de maintenir l'avis favorable déjà donné en principe et d'inviter le demandeur
en concession à s'adresser au ministre des Travaux publics et à M. le Préfet de
Seine-et-Oise, en joignant au dossier un mémoire descriptif complet donnant
satisfaction aux desiderata énoncés dans le rapport.
M. le Maire est certain d'être l'organe du Conseil en remerciant M. le Préfet du
soin avec lequel il a examiné toutes ces questions et de la manière dont il les
a présentées au Conseil.
M. F. déclare protester d'une façon absolue contre l'emploi d'un moteur à vapeur
; après quelques observations sur ce point spécial, le Conseil adopte les
conclusions du rapport de la Commission.
Archives municipales de Saint-Cloud
Le 19 mars 1896, M. le Maire fait connaître au Conseil que M. L., auteur d'une
proposition de tramway pour relier la partie haute avec la partie basse de la
Ville a été entendu par la Commission des travaux. M. L. étudie un projet qu'il
se propose de soumettre bientôt l'examen du Conseil.
M. le Maire ajoute qu'il a reçu aussi la visite d'autres personnes qui doivent
aussi faire des propositions.
Tous ces projets intéressants permettront au Conseil de doter un jour la Ville de
ce moyen de communication réclamé depuis longtemps.

Le 29 mai 1896, M. l'Adjoint-Président communique au Conseil une lettre faisant
connaître que le dossier de cette affaire est, en ce moment, au ministère et
qu'on peut espérer une prompte solution.
Archives municipales de Saint-Cloud
Le 6 décembre 1896, La Commission a pris connaissance de la communication
adressée par M. Lesourd à la municipalité, et lui rappelant que la jurisprudence
actuelle exige que les concessions de celles qu'il demande soient acquises par
les municipalités elles-mêmes, qui ont ensuite le droit de les rétrocéder.
Dans ces conditions, la Commission considère comme son devoir de réunir tous les
renseignements possibles sur le moyen de locomotion proposé, sur les dépenses et
les recettes et propose au Conseil d'ajouter toute décisions jusqu'au moment où
le dossier complet pourra être examiné.
Archives municipales de Saint-Cloud
Le 17 octobre 1912, Le Maire de Saint-Cloud écrit à l'Ingénieur pour lui demander de
vouloir bien lui faire connaître où en est la question des voies du tramway
Louvre―Saint-Cloud, devant relier la place d'Armes à la gare de Garches, par les rues Dailly,
Gounod, Pasteur et boulevard de Saint-Cloud
Je vous en exprime à l'avance mes plus sincères remerciements et vous prie
d'gréer...
Cette ligne ne sera jamais construite.
| Notes : Sources : Sites : |
Si une image de cette page vous paraissait non libre de droits, merci de m'en faire part
Page precedente