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Actualité Vigie & Suzanne à la " Traversée de Paris - 2025 " - 1/3 |
Samedi 28 Juin 2025 - De Chatou à Nautique Sèvres
Glisser sur la Seine, c’est s'offrir une balade hors du temps. Les flots tranquilles déroulent lentement
l’histoire de la ville lumière.
À chaque pont, une page se tourne, À chaque rive, un chef-d'œuvre se dévoile.
Notre-Dame tend ses flèches vers le ciel, Le Louvre veille, majestueux et
silencieux et la tour Eiffel, gardienne de la nuit, scintille au rythme des
flots. Le clapotis de l’eau accompagne les murmures du passé, tandis que les
lumières dorées dessinent des reflets d’éternité.
C’est un voyage dans l’âme de Paris, où chaque pierre, chaque quai, chaque
monument raconte une histoire, un amour, un rêve ancien.
Eh bien c'est l'aventure que nous ont proposé les deux associations le " Cercle Motonautisme Classique "1 et le " Yacht Moteur Club de France "2 ce dimanche 29 juin 2025, une balade de 25 kilomètres aller-retour de la base nautique de Sèvres jusqu'au pont d'Austerlitz.


Mais nous sommes à Chatou dans les Yvelines, dans l'île du Chiard. Chatou à une
dizaine de kilomètres seulement
de Paris ? mais par la Seine, c'est presque 40 Km. Sèvres un peu moins,
seulement 33. Alors, lorsqu'à une réunion on nous parle de cette manifestation évidemment les deux bateaux à vapeur sont partants pour cette aventure. Nous
montons deux équipages : 6 personnes pendant trois jours ce n'est pas sorcier.
Un à la barre, un à la machine et un à la chauffe et c'est parti. Enfin pas
tout à fait, il faut organiser les voyages d'aller et de retour et la balade sur
le grand fleuve parisien. ll faut du bois, beaucoup de bois. Du bois sec, coupé à
33 centimètres et pas trop gros, de la charbonnette par exemple. On n'a pas tout ça
mais on peut s'en approcher et puis mélanger du petit et du gros quand le foyer
est bien chaud, il avale tout. Alors, on a quelques jours avant le départ, on se met
à en couper et les copains, Roger, Claude, Vincent, Michel, Gilles, tronçonneuse et scie
circulaire en mains, les morceaux tombent comme des mouches, on les met dans des
sacs, en vrac, la balance est cassée, on ne peut pas peser les sacs, alors on
fait au pif. Prudence, on prévoit large car quand le bois manque, le bateau
s'arrête et là, on est dans la m..., dans l'embarras. Chaque bateau a sa source
d'énergie. Pour les voiliers, c'est le vent, pour les moteurs, c'est le gas-oil
ou l'essence, pour les yoles, c'est l'aviron. Nous c'est le bois pour chauffer
l'eau et faire de la vapeur. Enfin le stock est fait, les sacs s'empilent,
il y a le compte, on est prêts.
Samedi 28 juin, rendez vous à 7h30 pour les équipages. On allume. Laurence vient
nous apporter des croissants (c'est ça l'esprit Sequana). À 8h45, on quitte le ponton de Sequana. Sur
Suzanne Yves et Joselyne à la machine
et à la chauffe, Fabrice et Éric à la barre. Les postes ne sont pas fixes, on alterne. Sur
Vigie François, MAD et Jean-Bernard. On suit la rive droite de la Seine que nous
remontons, Chatou (PK 45,5) est en Basse Seine, non pas que le niveau est bas mais nous
sommes en aval, plus près de la mer que de Paris qui délimite la Haute et Basse
Seine.
L'air est frais. Au P.K 43, nous changeons de sens de navigation, nous passons à
droite en remontant le courant sur la rive gauche. En général, quelle que soit la
rive (droite ou gauche), on navigue à droite mais certaines fois le sens change.

9h05, (10 Kg de bois) nous passons devant la darse du port de Nanterre que nous laissons à
notre droite. Son T.E. (tirant d'eau) est tout de même de 4 mètres. Aux ponts,
c'est le T.A. (tirant d'air) qui est indiqué pour connaître l'espace libre entre le niveau et
la hauteur du pont.

9h18, nous passons sous le pont-rail de Carrières.
Nous sommes sur le bras de
Marly. Oui Sequana est une une île, l'autre bras est celui de la Rivière neuve.
Le fleuve à cet endroit sépare les départements des Hauts-de-Seine et des
Yvelines. Rive droite, c'est Rueil, Nanterre, rive gauche, Chatou,
Carrières-sur-Seine.
Le pont du premier plan est celui de l'A14
9h31, c'est le pont-rail des Anglais dit le pont de la Morue, Allez savoir pourquoi, il y a bien une raison. C'est la ligne Paris―Cherbourg.

Nous allons bientôt passer devant la " République libre des canotiers ". Ceci est
une vieille histoire dans les années... il y a bien longtemps, à Sequana nous
voulions nous " démarquer " (pas nous débarquer), un peu comme la "
Commune
libre de Montmartre ". Le territoire que nous avions choisi était la pointe
amont de l'île mais pour que cette démarcation soit physique, nous avions creusé
un chenal pour détacher notre île de la grande et sur notre île il y avait un
palais, un bâtiment de l'ancien barrage à aiguilles. Et sur cette île libre,
nous avions planté des vignes. Que sont-elles devenues ?
Avec les copains de la base nautique de Rueil qui exploitaient une baleinière, nous allions sur notre île faire des pique-niques sauvages et rentrions à la lueur des lanternes.
Mais je m'égare.
9h45, nous passons sous le pont de Bezons. Rive gauche, c'est Colombes dans
les Hauts-de-Seine mais la rive droite a abandonné les Yvelines pour accueillir
le Val d'Oise.
Tout ce chamboulement départemental date de 1964 et prend effet en 68, année où
les deux départements de la Seine et Seine-et-Oise sont re-découpés en sept
autres départements. Je vous laisse chercher leur nom dans un moteur de
recherche. Je continue ma navigation.

Jean-Bernard à la barre, François à la chauffe.

10h05 (20 Kg de bois) Pont de Colombes.

10h15 Pont d'Argenteuil.

Le club d'aviron d'Argenteuil
COMA. Il se
trouve à l'emplacement du port à sable d’Argenteuil où les sablières de Seine
transportaient le sable en vrac.

Puis peu après, le pont-rail d'Argenteuil. Les lignes de chemin de fer vers
l'Ouest.

10h22, (30 Kg de bois) entrée des darses n°1, 2, 3, et 4 du port de Gennevilliers, le
plus important port fluvial de France. Des millions de containers y transitent.
10h32 l'entrée des darses n°5 et 6. Au-dessus de nous, le viaduc de l'A15
(vers la Normandie). Nous sommes au Nord-Ouest de Paris.

À cet endroit nous sommes au droit de la pointe aval de l'île-Saint-Denis.
Les bras ne semblent pas
avoir de nom. À droite le bras extérieur, à gauche le bras intérieur

10h56, (40 Kg de bois) pont d'Épinay, vu en direction de l'aval. Au fond, le
pont-rail de la ligne du RER C.

L'estacade de l'ancienne usine à gaz où les péniches déchargeaient leur
cargaison de charbon qui était transvasée dans les trains qui rentraient dans les
murs de l'usine.
Cette estacade en très mauvais état va être prochainement
démolie et la rive rendue à la nature.


Un peu plus loin sur la rive gauche (Villeneuve-la-Garenne) deux chantiers
navals se consacrent à l'aménagement de bateaux logement.
Il s'agit des chantiers Vandenbossche et Van Praet.
En passant devant le chantier Vandenbossche, j'ai une pensée pour Pierre et sa
sœur les descendants du créateur en 1898.
Lorsque nous lui avions demandé de repeindre Vigie en 2017, il l'avait
fait gracieusement, refusant qu'AMERAMI lui paie son travail.
Une autre fois, il était venu expertiser bénévolement la coque du Lutèce
(1937) un des deux bateaux-pompe de Compagnie incendie de la Brigade des
sapeurs-pompiers de Paris, toujours pour AMERAMI qui voulait le sauvegarder.

11h35, pont de Villeneuve-la Garenne qui dessert aussi l'île-Saint-Denis,
longue île de sept kilomètres qui va jusqu'au Quatre chemins à Asnières.
Vigie et Suzanne à l'île Saint-Denis
video Pierre Maret
11h46, (50 Kg de bois) pont de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) et la pointe amont
de l'île Saint-Denis.

11h55 Pont-rail du RER C.

12h00, pont de Gennevilliers, joliment ouvragé et repeint. Construit sur trois
arches, sa longueur est de 160 m.

Image touchante d'une famille de cygnes avec leurs petits de l'année bien
encadrés par les parents, vers la pointe amont de l'île Saint-Denis. Ils sont
venus nous voir.

12h07, pont de Clichy, construit en béton précontraint. Le premier pont a été
édifié en 1866 et détruit quatre ans plus tard lors de la guerre de 1870.
En arrière plan, le pont-rail d'Asnières-sur-Seine.

12h17 pont-rail d'Asnières. Presque toutes les lignes ferroviaires de la gare
Saint-Lazare y passent sauf la feu ligne d'Auteuil. Avec ses dix voies, ce pont
ferroviaire est un des plus larges d'Europe. À droite du passage voûté en
ogive, le doublement de la capacité des voies.
Il a été construit en 1837 pour la ligne du Paris―Saint-Germain,
Émile Clapeyron en dirige le chantier. Il est remplacé en 1851 par un pont à
tablier métallique portant quatre voies, conçu par Eugène Flachat et construit
par Léon Isidore Molinos (1828-1914) au sein de la société Ernest Goüin et C.
Pour en savoir plus sur cette ligne historique, voir
Petite
histoire de la ligne de Paris à Saint Germain-en-Laye

Peint à l'été 1887, la vue de la Seine à Asnières avec les ponts de chemin de
fer sur la rivière démontre la maîtrise de la nouvelle technique impressionniste
par van Gogh, peignant en plein air, sous un soleil éblouissant. Les reflets des
piliers de pierre dansent dans l'eau, tandis que des traits de peinture blanche
soulignent le mur de remblai et le pilier du pont le plus proche. Le train quant
à lui se dirige vers la gare Saint-Lazare, terme de sa course.

12h25 pont de Levallois-Perret et pointe aval de l'île de la Jatte où se
trouvaient le chantier Despujols, constructeur de bateaux.
Un runabout Despujols.
Pour en savoir plus sur l'histoire du chantier Despujols, voir
LE CHANTIER DESPUJOLS ET SES RUNABOUTS.

La toile La Seine à la Grande-Jatte est une œuvre de 1888 de Georges
Seurat, réalisée selon les principes du pointillisme.
À la fin du XIXème siècle, c'est un lieu de fêtes et de loisirs pour
les parisiens qui viennent s'adonner au canotage, se reposer et se détendre. De
nombreuses guinguettes y sont installées et les peintres impressionnistes,
notamment Georges Seurat, Sysley, apportent à cette île de l'Ouest parisien, une
renommée mondiale.
12h36 pont de Courbevoie. À gauche l'île de la Jatte. C'est aujourd'hui un
quartier résidentiel.

Le pont de Courbevoie vu de l'île de la Jatte. Encore une œuvre du peintre
Georges Seurat qui date de 1886-87.

On croise le Seine Comtesse, à quai, construit en 2001. Sa longueur est de 114
mètres et sa largeur de 11 mètres. Sa vitesse de navigation est de 22,2 Km/h.
Il assure des croisières entre Paris et le Havre.
(Photo Wikipedia)
La pointe amont de l'ile de la Grande Jatte et le Temple de l'Amour (1785)

12h50, (60 Kg de bois) pont de Neuilly. C'est le pont de la RN 13, route
mythique vers Cherbourg, face au quartier d'affaires de la Défense. C'est le
troisième pont qui porte ce nom.
Ce pont est dans l'axe
historique ou Voie royale qui commence au palais du Louvre et s'étire en
ligne droite à travers la place de la Concorde, les Champs-Élysées, l'Arc de
Triomphe et se prolonge jusqu'à la Grande Arche de la Défense.
Vers l'Est cet axe passe par le château de Vincennes. Cet axe n'a-t-il pas
inspiré le tracé de la première ligne du métropolitain ?

Le décintrement du pont de Neuilly, le 22 septembre 1772. Peinture de Hubert
Robert.
13h01 pont de Puteaux. Pont en poutre-caisson. Il a remplacé le pont de 1895,
peint par Albert Lebourg (1849-1928).
À défaut d'une bonne image de pont de
Puteaux, voici la Seine vue à cet endroit au XIXème S. Peinture
d'Albert Lebourg

et le même endroit à l'époque de l'industrialisation.

13h15 écluse de Suresnes. Le barrage-écluse de Suresnes est composé de trois
écluses et de deux barrages séparés par l'île de Puteaux. Il mesure 185 m de
long, 18 m de large et 5 m de profondeur.
Un premier ouvrage est construit en 1869, reconstruit en 1880-1885 puis en
1931-1933 pour l'actuel. Contrairement à maintenant, la Seine était un fleuve "
imprécis et marécageux " et non navigable, l'hiver à cause des glaces ou des
crues, l'été à cause de la sécheresse. C'est la raison pour laquelle une série
de barrages et d'écluses furent construits. La révolution industrielle rendant
nécessaire la circulation du fleuve toute l'année pour le transport de
marchandises a joué un rôle important en ce qui concerne l'amélioration de cette
situation.
C'est le Baron Haussmann qui impulse la construction du
barrage-écluse de Suresnes.

Ça fumait dans l'écluse avec la chauffe au
charbon.

Ça fume un peu moins avec la chauffe au bois.
Nous étions dans le même bassin au retour, eux montant, nous avalant.
13h31, sortie de l'écluse.

13h35, le pont de Suresnes.

13h50 (70 Kg de bois), la passerelle de l'Avre. L'Avre est un affluent en rive gauche de
l'Eure, donc sous-affluent de la Seine. C'est dans son bassin que sont captées
les sources dont les eaux sont acheminées par l'aqueduc de l'Avre pour les
besoins en eau potable de Paris.

À l'approche du pont de Saint-Cloud. On
distingue l'église Saint-Clodoald sur le coteau, rive gauche

14h15, (80 Kg de bois) pont de Saint-Cloud (pont métallique). Le premier pont à cet
endroit a été construit en 841.
Le tableau date du deuxième quart du XIXème S.

Le pont de Saint-Cloud vu de Boulogne-sur-Seine avec une péniche avalante.

14h30, PK 12, (90 Kg de bois), pont de Sèvres, mis en service en 1963.
Terme de la navigation.
Il fait chaud, nous sommes fatigués.
Parlons un peu des équipages. ce sont presque toujours les mêmes, sur Suzanne,
Yves, Joselyne, Fabrice, Éric et sur Vigie, MAD, François et Jean-Bernard .
Nous avons mis un peu moins de six heures y compris le passage de l'écluse pour
parcourir les 33 kilomètres entre la gare d'eau de Chatou (PK 45,2) et le pont de
Sèvres (PK 12) et nous avons pour Vigie consommé 80 kg de bois, un peu
moins que les précédentes fois.
Dans l'ensemble, les machines et chaudières se sont bien comportées, les
mariniers aussi malgré la chaleur.

Nous garons les bateaux sur un quai situé sur l'autre rive en attendant 18
heures pour regagner le ponton qui nous était réservé.

Peu après, le DGS est mis à l'eau et amarré sur le même ponton derrière les
vapeurs.

Le DGS Après restauration et sur sa remorque dans l'état où SEQUANA l'a acquis.
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Notes :
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