Baguenaude
Baguenaude sur la ligne 44 - Porte Maillot—Val d'Or
MAD
Le
premier projet de tramway à traction animale reliant Suresnes (Pont) à Paris
(Trocadéro) remonte à 1877.
En 1882 le préfet annonçait un grand projet de desserte de la banlieue par
tramway 1 de la
gare de Lyon à Puteaux. Le projet fut abandonné.
En 1897 un autre projet : "le Chemin de fer du Bois de Boulogne"
prévoyait une liaison entre la Porte-Maillot et la gare de Suresnes-Longchamp,
avec prolongement vers l'hippodrome de St Cloud où trois embranchements
proposaient un terminus à la Porte Jaune, un autre à Rueil et le troisième
vers la Celle St Coud puis Versailles. Trop ambitieux ce projet resta dans les
cartons.
Enfin en 1900 la ligne du
Chemin de fer du Bois de
Boulogne" ou encore le "Tramway du Val d'Or" puis
ligne 44 fut construite.
Le tracé

L'origine de la ligne
était située Porte Maillot. À double voie sur une plate-forme indépendante,
elle longeait le Bois de Boulogne jusqu'au pont de Puteaux où elle suivait
cette fois la Seine, desservait l'hippodrome de Longchamp puis continuait
jusqu'au Pont de Suresnes qu'elle traversait en voie unique située en
accotement.
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Le tracé dans la ville de Suresnes. |
Dans Suresnes, elle longeait
l'avenue de Versailles toujours en
accotement et se terminait au Val d'Or à l'intersection de l'avenue de
Versailles et du boulevard Louis Loucheur où passait la ligne des Docks de
Rueil.
La ligne fut mise en
service le 20 janvier 1900. La traction était électrique dès l'origine
assurée par un fil aérien interrompu aux portes du Bois de Boulogne où il était
remplacé par des plots système Vedovelli à distributeurs. Ces plots furent
remplacés l'année suivante par des plots Dolter. En 1910, les inondations endommagèrent
ces derniers qui furent remplacés par un fil aérien l'année suivante.
En 1911 la ligne fut prolongée jusqu'à Montretout puis celle suivante encore jusqu'à la Porte Jaune à Garches. Sa longueur atteint alors 9 Km.
Cette ligne n'était pas raccordée aux autres réseaux de
la capitale et de la région parisienne. La Compagnie du Chemin de fer du Bois
de Boulogne (C.F.B.B.) était alors indépendante.
La ligne en images
Côté Paris, le deuxième terminus, construit avant la guerre de 14, était donc situé à la Porte Maillot
non loin du
petit train du Jardin d'Acclimatation.
La ligne suivait ensuite le Bois de Boulogne jusqu'au pont de Puteaux
puis le pont de Suresnes qu'elle traversait en accotement gauche.
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Pont de Suresnes avec une ram se dirigeant vers le terminus du Val d'Or. |
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Vue
similaire, mais montrant la halte des bateaux de la Compagnie des bateaux
parisiens 2 À gauche l'octroi. |
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Pont
de Suresnes, vu en direction du Bois de Boulogne. Noter l'amorce de la courbe de la voie en vue de s'engager dans la Boulevard de Versailles. |
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Toujours
l'octroi sous un autre angle celui du quai Galliéni dont la ligne n° 75 Courbevoie—Suresnes
croisait
celle du 44. Vue en direction de St Cloud. La Seine est sur la gauche. |
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Vue
opposée en direction de Puteaux. Cette ligne 75 Courbevoie—Suresnes
fut créée le 2 novembre 1874 puis prolongée jusqu'à St Cloud. Il
fallait ensuite reprendre la Ligne Place de l'Étoile—Courbevoie
pour se rendre à Paris. Le 75 disparut le 3 février 1935 remplacé par un autobus. |
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Le CFBB traverse le pont et se dirige vers Suresnes-Longchamp. Noter le receveur sacoche en bandoulière sur le côté de la baladeuse type "jardinière". Au fond l'établissement militaire du Mont Valérien (transmissions). Le boulevard de Versailles prend naissance à gauche entre les arbres. |
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La même vue du pont avec la voie en accotement. On distingue bien l'établissement militaire du Mont Valérien (transmissions). |
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Une autre vue un jour de course. Une foule était déversée par la gare de Suresnes-Longchamp sur la ligne du "Bord de l'eau" de St Lazare à Issy-lès-Moulieaux. Noter sur la droite le tramway de la line 75 Courbevoie—Suresnes. |
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Toujours un jour de course, cette fois vue en direction de Bois de Boulogne. |
La ligne montait le long du Boulevard de Versailles en direction du Val d'Or. La rampe était de 42%o.
La Gare de
Suresnes-Longchamp
Quelques centaines de mètres plus loin, boulevard de Versailles se trouvait la
gare desservie par la ligne St Lazare—Issy-lès-Moulineaux
La ligne poursuit le boulevard de Versailles.
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Le boulevard de Versailles. Vue en direction du Val d'Or. Bien qu'en accotement de la route la ligne est en site propre. |
Le dépôt
Le dépôt était situé au croisement du boulevard de Versailles et
de la rue de la Tuilerie dans l'espace laissé entre le boulevard de
Versailles et la ligne de St Cloud. Un raccordement dans les deux sens donnait
accès à la ligne.
Le terminus du Val d'Or et l'embranchement sur la ligne des docks
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St Cloud Montretout terminus du tramway à partir de 1916 après l'abandon de la section St Cloud—Garches. |
L'exploitation
Le trafic était
très irrégulier avec des pointes le matin dans le sens Val d'Or—Paris et retour le soir. Les dimanches de
courses on enregistrait jusqu'à 50 000
voyageurs, ce qui est un record. Imaginons
ce qu'il aurait fallu d'autobus et de voitures particulières pour évacuer ce
nombre important de turfistes. L'exploitation était à l'équilibre
financier.
Avant la guerre de 14 le terminus qui était à l'entrée du Bois de Boulogne
fut déplacée à la Porte Maillot où une boucle de retournement fut installée
près de l'avenue de Neuilly. Toujours avant la guerre, en 1910 la ligne fut prolongée du Val d'Or à Garches
par la Compagnie du Tramway Suresnes—Garches (S.G.).
La section St Cloud—Garches se révéla déficitaire et fut elle abandonnée
en 1916. Le terminus fut alors ramené à St Cloud (Montretout).
Le trajet coûtait 45 centimes en première et 30 centimes en seconde classe.
Les aller-retour n'étaient vendus que pour les voyageurs partant de Suresnes.
Le contrôle des billets se faisait en marche, le contrôleur évoluant le long
du marche-pied.
À chaque terminus, une plaque tournante permettait le retournement de la
motrice. En 1908, une boucle fut construite à Porte Maillot, évitant ainsi une
manœuvre fastidieuse pour les agents et une perte de temps pour les voyageurs.
Quatre ans après sa mise en service le tramway transportait 28 000 voyageurs le
jour du Grand Prix. Deux ans plus tard il fallut instaurer un service au quart
d'heure.
En 1906 la ligne fut prolongée de Suresnes-Longchamp au Val d'Or.
À partir de 1920 la fin de la concession approchant la voie et le fil aérien
moins bien entretenus se dégradèrent et moins d'une décennie plus tard, des
arrêts fréquents eurent lieu. Par ailleurs une augmentation de la vie
importante entraîne une augmentation des tarifs du chemin de fer.
En 1922, la compagnie fut rachetée par la S.T.C.R.P. 3.
Le Chemin de fer du Bois de Boulogne perdit son statut de chemin de fer
pour devenir la ligne de tramway n°44. L'ensemble du matériel pris
alors les caractéristiques de la S.T.C.R.P. avant d'être réformé en 1931. Il y perdit aussi en charme
puisque la S.T.C.R.P. remplaça les baladeuses ouvertes par les voitures
fermées des tramways parisiens bien moins agréables. À Suresnes la ligne 44
était raccordée au chemin de fer des Docks 4
et jusqu'en 1930
un train ouvrier desservait les Docks de Rueil matin et soir et jusqu'en 1936 un
train de matériel reliait les Docks de Rueil à l'arsenal de Puteaux dont ils
dépendaient. La ligne de tramway 44 disparut à son tour en 1937, le 2 janvier exactement pour être remplacée par
un autobus.
Le matériel roulant
À l'ouverture de la ligne, les huit premières motrices étaient munies de deux moteurs T3 de 30 CV, un à chaque extrémité. Chaque motrice avait une plate-forme d'accès à chaque bout qui encadraient deux compartiments munis de banquettes longitudinales en bois pour les secondes classe et en velours pour les premières. Elles avaient un seul poste de conduite qui était ouvert à tout vent et le wattman était par conséquent exposé aux intempéries. De plus à cause de cette configuration, il fallait les retourner aux terminus ce qui entraînait une perte de temps importante.
Les motrices
Les premières motrices Fives-Lille ABM 1 à 8,
à essieux radiant fatiguaient énormément la voie aussi furent-elles
abandonnées pour les suivantes à bogies. Elles avaient un empattement de 3,80 m.
et un poids de 13,1 t. L'attelage était du type chemin de fer et la prise de
courant se faisait par archet. Ces motrices de première génération
contenaient 44 personnes dont 20 assises sur les bancs placés en longueur
En 1907 apparut les baladeuses type "jardinières" ouvertes fort appréciées des voyageurs en été. En revanche en hiver c'est plutôt les motrices fermées qui étaient prisées. Elles subsistèrent jusqu'en 1930.
Le nombre des motrices passa
à vingt trois en 1911. La série des motrices Hanquet 9 à 13 apparut en 1911.
Ces motrices avaient une longueur de 11 m. et pesait 15, 7 t. Vestibulées aux
extrémités elles pouvaient accueillir 45 voyageurs dont 22 assis (10 en 1ère
classe et 12 en seconde.
Elles étaient équipées de moteurs Jeumont TC 95 de 50 CV.
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Motrice
Hanquet à bogies 9 à 13 avec plate-forme d'accès à chaque extrémité.
Photo prise au dépôt de Val d'Or. On reconnaît la maison dans
l'enceinte des emprises. (Photo livre de Jean Robert) |
Les motrices ABM 14 à 16 avaient une longueur de 11,80 m. et pesaient 13 t. Elles pouvaient accueillir 50 voyageurs dont 27 assis. Elles étaient équipées d'un moteur T3.
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Motrice
à bogies 14 à 16 avec plate-forme d'accès centrale. (Photo livre de Jean Robert) |
Les motrices 17 à 22 avaient été rachetées au tramway Vanves—Champs de Mars en 1907.
Les motrices Peckham 23 à 28 mises en service en 1912 étaient plus modernes. À bogies, elles avaient une longueur de 10,080 m. Les voyageurs accédaient par une plate-forme centrale
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Motrice
à bogies 23 à 28 avec ses deux baladeuses ouvertes. Photo Blanchart (livre de Jean Robert) |
D'autres véhicules avaient été construits dans les ateliers du Val d'Or.
Les
remorques
Les remorques ABM 51 à 56 étaient à bogies avec un entr'axe de 9,20m. Leur
longueur était de 12,6 m. et pouvaient accueillir 51 voyageurs.
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Remorque
ABM à bogies. (Photo livre de Jean Robert) |
Il y avait également 38 remorques J à essieux, ouvertes et fermées.
Les "jardinières" J ont été réformées en 1914.
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Les baladeuses J au terminus de la Porte Maillot. |
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Une baladeuse J vue par l'arrière. Noter l'attelage chemin de fer avec tamponnement central et le marche pied le long du châssis. |
La Voie
De construction tardive, le C.F.B.B. était à l'écartement standard des
tramways du début de siècle, c'est à dire 1,435 m. Le rail étai t Broca dont
la gorge était creusée à même le champignon. C'était le rail classique pour
les tramways ayant à partager la chaussée avec les automobiles. Les rails
étaient éclissés et leur écartement maintenu par des entretoises placées
dans le pavage.
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Rail Broca utilisé dans la chaussée du pont de Suresnes. |
Aujourd'hui c'est le 144 et le 244 qui assurent ce service de la Porte Maillot jusqu'à la gare RER de Rueil-Malmaison. Hormis dans le Bois de Boulogne et après le Val d'Or le tracé est à peu près le même. Le dépôt a disparu pour laisser place un groupe d'immeubles et bien sûr le charme s'est évanoui.
| Notes
:
Gare
de Lyon, Boulevard Richard-Lenoir, rue Réaumur, Opéra, rue de Rome,
boulevards extérieurs, Étoile, avenue de la Grande Armée, Bois de
Boulogne, Pont de Puteaux, Bas-Rogers (gare des marchandises). C'était déjà le Grand Paris. Sources :
Sites : |
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