Baguenaude
ValmondoisMarines - 1/3
Marc André Dubout
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Le projet de cette ligne remonte à l'année 1875 mais
il était alors différent. Première différence, il devait être construit en
adoptant d'entrée de jeu la voie normale et son tracé n'aboutissait pas à
Marines, mais à Méru tout en suivant quand même la belle Vallée du
Sausseron. Ses promoteurs étaient MM. Letellier entrepreneur et De Baere,
ingénieur civil.
Grâce à cette combinaison, la France a pu se couvrir en quelques décennies d'un immense réseau de milliers de kilomètres de lignes secondaires (les fameux " tacots " ou " tortillards ") qui ont désenclavé les campagnes. C'est la Société générale des Chemins de fer économiques (S.E.)3 qui est en charge d'étudier un tracé le long du Sausseron jusqu'à Épiais-Rhus dont la construction commença dès 1884, puis deux ans plus tard vers Marines. Le Directeur de la concession accordée était alors M. Émile Revel et le premier train circula de bout en bout en 1891. Il fallut attendre l'année 1911 pour assister à la construction de la courte ligne (6 Km.) de Marines à Chars en voie normale par la Compagnie de l'Ouest mais exploitée par la S.E. Pendant la Guerre de 14-18, deux aller-retour quotidiens de bout en bout furent maintenus (économie de combustible obligeant). En 1893 avec l'apparition des automotrices pour accélérer les dessertes vinrent s'ajouter quelques A-R d'autobus Valmondois—Épiais-Rhus qui n'améliorèrent guère l'exploitation de la ligne d'autant que ces derniers apparurent en force dans les villages desservis et le trafic baissa considérablement. Il en fut de même pour le trafic marchandises (livraisons de betteraves et de charbon par camions pour la distillerie de Nesles, trafic (toujours) par camions de la production de tourteaux du moulin d'Épiais-Rhus, etc.Les années trente furent l'époque du déclin des réseaux de chemins de fer d'intérêt local partout en France et celui du Sausseron ne fit pas exception bien qu'il bénéficia de ces fermetures pour acquérir des matériels d'autres réseaux. Les autorails ne furent exploités sur la ligne qu'en 1940. La Société Nouvelle des Automobiles De Dion- Bouton utilisa la ligne Valmondois-Marines pour les essais de ses automotrices, en juillet 1933. Le préfet autorisa à titre exceptionnel la circulation de trois châssis d’automotrice, équipés de moteur diesel de 95 CV, destinés au réseau de l’Allier. Celles-ci reviendront en janvier 1940 à la fermeture ce réseau.) Par ailleurs la période de guerre fut propice à la pénurie de carburant et les vielles locomotives à vapeur réapparurent sur la ligne mais ce ne fut pas pour une longue période puisque à la fin de la deuxième Guerre mondiale, les autobus réapparurent plus nombreux si bien que l'année 1949 fut celle de la suppression. Épilogue
Au début le train charroyait les
betteraves comme dans beaucoup de régions au Nord de la Loire, puis il s'est
intéressé aux humains et les a convoyés de villages en villages et de
villages en chef-lieu de cantons. Chaque fois qu'il sillonnait la campagne
il donnait l'heure : le casse-croûte ; le déjeuner ; le dîner. Il tortillait
laissant dans le paysage sa légère fumée blanche qui se dissipait. Nous
arrêtions notre travail pour le regarder défiler entre les arbres. Il
faisait partie de notre vie, il la rythmait. Ainsi, il traversait les
décennies sans se préoccuper du temps, sa seule temporalité c'était l'heure
réduite à la minute " faire l'heure " c'est tout ce qui lui importait
et les voyageurs étaient contents.
La seule trace de son existence se réduisait à des
écrits produits de souvenirs, d'archives jaunies, d'anecdotes embellies ou
déformées, transmises par les plus anciens. |

ValmondoisMarines au gré des lectures
La ligne de Valmondois à Marines est une ancienne ligne de chemin de fer secondaire à voie métrique d'une longueur de 22,23 Km. Elle reliait les communes de Valmondois et de Marines, dans le Département du Val-d'Oise (ex. Seine-&-Oise) en traversant le plateau du Vexin.
Créée dans le cadre du plan Freycinet1 de 1880, la ligne fut tracée avec pour objectif de désenclaver l'arrière-pays agricole vexinois, en le reliant aux principaux axes ferroviaires de communications.


ValmondoisMarines au fil des cartes postales
Station PK 0,00
Quand on arrive à Valmondois, on vient de la Gare du Nord (Paris) ou de
la gare de Pontoise (Val d'Oise, ex Seine-&-Oise) par l'ancienne Compagnie du Nord.
Le terminus de ces lignes de banlieue est Persan-Baumont, sinon les voies continuent en
direction de Creil et Compiègne.

La gare vue en direction de Paris et/ou Pontoise. La bifurcation est au fond, à la sortie
de la gare.

La gare avant et aujourd'hui. La nouvelle gare a perdu ses volets et la marquise a été
modernisée.

La gare de Valmondois à la " Belle Époque ". Les voyageurs sur le
quai de gauche se dirigent vers Persan-Beaumont. Ceux qui stationnent sur le quai de
droite se dirigent selon l'heure, soit en direction de Paris soit en direction de
Pontoise.
Vue en direction de Persan-Beaumont.

La gare de Valmondois est aussi un terminus de la gare du Nord et les voies de garage
sont maintenant utilisées pour recevoir des rames de deux éléments. Elles ont remplacé
celles de la gare de marchandises.

Entre Pontoise et Persan-Beaumont il y a un trafic marchandises soutenu.

À la sortie de la gare, l'hôtel-restaurant de la gare se trouve sur l'avenue de la gare
(route de Parmain) à côté du Passage à niveau.

L'avenue de la gare prise depuis le PN.

Un poste électrique ferroviairement décoré.

Côté chemin de fer local, c'est la voie métrique qui prend le relai de la voie
normale pour parcourir les 21 kilomètres jusqu'à Marines avec pas moins de 9 ou 10
trains quotidiens ce qui est une belle exploitation pour un chemin de fer d'intérêt
local.
Un train en direction de Marines quitte la gare de Valmondois (SE). Le BV a été démoli.
Noter devant l'aile du BV l'autobus déjà présent et et contemporain des
automotrices.

Sur la gauche de cette carte postale, on voit le BV de la Compagnie SE, disparu.
Cette gare est du type station de 2ème classe. Malheureusement elle a
été bombardée en 1944.
À la sortie de la gare le train suivait la rue Violaine en courbe.

Un train mixte (voyageurs-marchandises) venant de Marines entre en gare de Valmondois
(SE). Le BV est hors photo sur la droite.
En général les wagons de marchandises étaient accrochés en fin de convoi, ce qui
engendrait par fois des manuvres et par conséquent des retards.
On ne voit que rarement les voitures sur les cartes postales. C'est la
locomotive qui fascinait le photographe. Les voitures de la ligne Valmondois—Marines
étaient toutes à bogies avec des roues de 0,70 m. et un empattement de 1,40 m.
L'axe des pivot était de 6,00 m.
La chaudron était en frise de teck.
Il y avait deux classes. Celles de 2ème classe comportaient 56 places
assises sur des banquettes transversales, elles aussi en teck, séparées par un
couloir central. Les voitures mixtes 1ère et 2ème classe
se composaient de trois compartiments et un compartiment fourgon avec niche à
chien. Un frein à vis était présent sur chaque plate-forme d'extrémité.
Dessin revue du Musée des Transports de la Vallée du Sausseron n°1 janvier 1977.

Un train mixte (voyageurs-marchandises) entre en gare de Valmondois. Le véhicule de
queue est dépourvu de fanal.

Une carte postale de l'époque du MTVS qui exploitait quelques centaines de mètres depuis
la gare de Valmondois jusqu'avant le pont de la route de Parmain.

Ex. PN de la rue de Parmain.

La voie en tranchée et le pont du chemin du Bois-Thibault entre la gare de Valmondois et la halte du
Carrouge à 1 500 mètres plus loin.

PN du Bois-Thibaut. Y avait-il un arrêt facultatif à cet endroit ?

La ligne continue en sous-bois.
Elle passe non loin du
Moulin de l'Église qui appartenait à la famille Rouzé
laquelle a agrandi la propriété en rachetant un jardin dépendant du prieuré vendu
comme bien national en 1791.
Au XIXème Siècle c'est encore un moulin à blé haut de deux étages plus
combles investi de part et d'autre du Sausseron par divers bâtiments.
On hisse les sacs de blé jusqu'aux combles puis on déverse le contenu dans la trémie
qui alimente les meules de pierre à l'étage inférieur. Ces meules sont mises en
mouvement par un système d'engrenages en bois entraîné par la roue du moulin au fil de
l'eau.
À l'étage encore en-dessous on recueille la mouture et le blutoir qui permet de
séparer la farine des autres composants du grain. Il ne reste qu'à
ensacher la précieuse marchandise.
À la mort du dernier meunier en 1912, sa fonction de minoterie disparaît. La
ligne suit le Sausseron jusqu'à Vallangoujard.

Elle passe devant la villa d'Honoré Daumier4 (1808-1879).

Copie du buste d'Honoré Daumier par Geoffroy-Dechaume. L'original est érigé sur la
place de la Mairie.

L'atelier et la maison de Daumier (1808-1879), dessin original de E.-R. Haumont,
avec sur celle de droite l'oblitération des " ambulants ", courrier posté
à bord d'un train.
Le Carrouge
Arrêt PK 1,500

Le PN et halte du Carrouge vu en direction de Marines. Il y avait en
tout sur la ligne dix passages à niveau gardés. Ils étaient équipés de barrières
roulantes qui ont évolué.

L'ancien abri agrandi transformé en cabane.
Le même PN vu de la route en direction de Parmain.

Toujours en sous-bois.

La ligne rejoint ensuite la route de Nesles-la-Vallée (Grande Rue) au niveau de la rue du
Pont-Pollet.
Notes :
Sources :
Sites :
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